dimanche 23 septembre 2007

Les crieurs de rivages.

Les effluves d'un ruisseau que le temps ne tient pas. Froides, elles inspirent à la peau des bruissements comme un orant toucher le fait au pénitent. Les formes sont des ombres, des caresses, une chaste luxure...le regard d'un espion tapi dans des épines.



Un obséquieux rivage qui se perd en révérences et qui crie "votre grâce" à l'infini. On se saoule de majesté quand on ne sais plus les gestes.


Les yeux plantés au sol, on cesse d'espérer l'immarcessible étreinte de la trace, on se laisse là, figé sur un lapsus, la tête mangée par l'immensité.

Sur les pas des gens, nous aussi perdons un nom. Traces anonymes sur du papier d'argent, posées dans un lieu qui refuse son époque, je te perds quand je perds tes yeux. Au milieu de cette foule noyée dans un océan de lumière, chacun peut être un autre,



et toi, changée...

Mais tu souris aux heures sous ton chapeau de paille, je suis comme toi, pour un moment statufié dans une alcôve de plénitude. Intangibles, juste là, sans justification.
Arrangés comme des pierres scélées parfaitement à leur place, si bien qu'on ne les remarque plus.


Les vagues disent encore que le temps ne les effraie pas, qu'elles peuvent rester des enfants, que l'existence est plus qu'un déchirement sur le sable ou les falaises, qu'elles aussi ont vu les abysses.


Et folles de hardiesse, elles se fânent en apprenant l'humilité.






Un instant, l'écume ne souffre aucun partage.
Biarritz, le 04/09/2007

mardi 11 septembre 2007

Quand les rames se chevauchent

C'est quand je sais que tous les reflets me rappellent la mer qu'il faut partir.
Tout de suite, quand le jour s'éteint, tout de suite...
Une fenêtre ouverte sur les Landes, une fenêtre ouverte.
Chez nous.
Puis, affligés par le temps qui passe on décide le soleil.
Pour se reposer, pour se réchauffer,
pour voir.

Les ombres s'amoncellent sur les corps alors que le jour décline. Ne restent que les contrastes voyageurs offerts par la nudité, par la juvénilité...
... par la mélancolie d'un océan qu'on désire, mais qu'on ne comprend plus.

Alors on reste, comme un adolescent, courbés devant les rouleaux frêles, prétrifié dans son appréhension du monde.
Et on laisse le temps s'écouler, suave, lassif.
Enfin, on part: la mer s'assombrit, elle monte,
elle monte.

Nous, nous nous perdons dans des jeux d'enfants,
pour laisser une trace
pour s'endormir quand les pénitents restent sur la plage.
On rêve de lendemains,
On rêve de rires que l'on sait immarcessibles
On vit dans un reflet où on ne se sent pas entier mais seulement plus légers.
Dans le coin d'un salon, on voit la culpabilité des enfants s'établir sur les visages, celle qui se dessine au toucher du plaisir.



Le temps s'est arrêté dans ce lieu de délices, et après des odeurs,
on se laisse partir.
Bayonne, le 3/09/2007

vendredi 31 août 2007

La ferveur des courbes

Sous des volutes de fumée blanche, sous les assauts du vin,
Juste une heure.

Dans ma main, l'esclave d'un moment,
Des courbes fragiles
des reflets couleur de Montbazillac
Un voyage dans ma mémoire qui n'existe pas.

La caresse de l'appareil pour ne pas te brusquer,
Apprivoiser tes pudeurs tout autant que tes traits,
Les apprendre avec ferveur
Pour une étreinte d'un moment dans le sexe d'une vision.

Ton corps est fumée qui se dessine dans ma rétine
Dans l'objectif
Et qui s'imprime sur le papier comme dans cet instant,
comme dans mon souvenir.

C'est un jeu, c'est une danse où tu caches et où je sais.
Tu t'exhibes fière ou recroquevillée dans ta peau,
je suis le veilleur d'une lumière qui m'appelle.
Mais tout ça n'est qu'un jeu...









... Un jeu pour des enfants d'il y a longtemps.
Et ta permissive patience pour mes égarements.
On garde un peu de candeur, on oublie les supplices, et la vie nous grandit,
et la vie nous oublie.

PS: Il y a des sourires que je n'oublierai pas, quitte à passer la Manche sous mes yeux pour encore rire avec eux

samedi 25 août 2007

La plume des filatiers.

Cette histoire qui n'est qu'une page griffonée, un exercice,
Une trace oubliée.
Dénudés, caressés, les sens existent-ils quand on est allongé sous un velux et qu'on entend tomber la pluie.
Plus rien n'existe. Que des contours,
des reflets...

Une ombre comme un arbre dressé sur le mur.
Ne restent qu'une tasse et le café sur son contour...
la mémoire d'une odeur.

Un contraste, une joie qui, impudique, se laisse deviner au détour d'une larme non enfantée. Qui s'abîme.
L'écume d'un fantôme déjà disparue. Un bal psychédélique où les multitudes de toi sussurent des secrets.
Un carillon suspendu à ton échine.

Le toucher juvénile qui détruit les cascades et remonte le temps.
Un noyé qui s'effleure, un poids qu'on s'invente...










Où alors, une histoire qui n'est qu'une page griffonée...
Toulouse le 22 aout 2007