dimanche 24 juin 2007

An other day in paradise...


Arrivé au métro, je suis en retard dans cette foule plastique qui s'avance comme un seul homme dans l'escalator.


Vidé par les relents d'eau de cologne, trops proches les uns des autres, je sors. Le Square Charles de Gaulles est maquillé pour un instant de toutes ces tâches qui apparaissent quand on est passé trop vite de l'obscurité artificielle à la vraie couleur de la journée, on se met alors à déguiser les objets, à se créer son carnaval pour quelques secondes.

Après une très rapide part de pizza dégustée en compagnie de yannou (chez Isidore, cela va sans dire), je pars précipitamment.


Dans une obscurité lascive, parsemée de petites lumières bleues suspendues sur les plafonds, je rentre et m'assois face à un voile.

La clarinette propose une première fois.


La salle se tait.


Puis les accords.


Puis Mozart...


Quand tout se met à bouger, les danseurs à tomber du plafond, je suis comme un gosse, à contempler les couleurs, les visages, à écouter et puis à m'étendre dans mon silence parfois.


Et puis j'ai pleuré quand la Reine de la Nuit entame ses vocalises asourdissant de pureté, cette voix sans pareil sur une musique sans pareil, des larmes, des cris, des hourras. Et moi, toujours habillé de la lumière bleue.





Je sors encore titubant et retrouve Cyril, et puis Laurent. Un début de soirée entamé au bord de l'eau, à papotter tranquillement.


Je joue avec l'appareil de Cyril, nous allons chez Laurent.





En repartant je constate le vide que l'on peut croiser quand on s'apparaît tout seul.

And Boris Vian said "j'suis snob..."

Vendredi était un grand jour pour mon snobisme proverbial. En effet, rentrant du travail (France Télécom Wilson bonjour!) je m'appretais confusément à passer sous la terre, m'enivrant d'avance de la joie de sentir dans mes narines de mouhâ une vibrante touche de métane, quand soudain vint (passé simple) dans mon esprit l'idée de regarder dans mon portefeuille si je disposais bien de ma Pastel... Oh joie, un étui cartonné se rappelle à mon souvenir: Théâtre du Capitole-Abonnement!
Merdouille, me dis-je dans mon for interieur, la fin de la saison approche tout aussi vite que le 31 juin, date de la dernière représentation, aussi me faut-il utiliser cette dernière approche hypothétique de la culture (oui, le dernier opus de ma culture avait été Tristant et Iseult, et Tristan (qui était très gros et très barbu et très petit) s'amusait à postillonner sur Iseult qui, la pauvre, en était toute décoiffée: une soirée de 5h à se faire chier, et en prime, c'était vraiment mauvais...) dans la véhémence la plus affirmée. Alors, le sagace personnage que je suis volette au coin du square Charles de Gaulle, emprunte en sautillant la rue Lafayette, tourne sur sa gauche (à gauche, toujours à gauche) et traverse allègrement la place en direction du kioske de l'opéra!
Personne à droite, personne à gauche. Nous étions seuls, lui et moi, séparés uniquement par ce mur de verre (plus un muret dans les faits, mais ça fait mieux de dire mur). Pupille agarde, poing serré, sueur livide s'épanchant sur nos fronts, une question demeurait: lequel de nous deux dégainerait?
En piedestal de la virilité, je m'avance décidé pose l'abonnement sur la tablette, et annonce dans le microphone: "Je prends une place pour la prochaine séance!" Et lui de me répondre de sa voix nasillarde et méprisante: "Demain, 15h, flûte enchantée, de toutes façons vous avez pas le choix après vous aurez un poteau en face de la trogne..." Et oui, des fois, je me demande qui a décidé que l'Opéra c'était class... visiblement pas ce portier contrarié de n'avoir pas eu le droit de porter le traditionnel smoking noeud pap' de ses collègues plus jeunes, et plus estimés.
Toujours est-il que j'ai pris la place! Et ça c'était une bonne chose! Le lendemain serait au moins agréable du fait de Mozart, et la jovialité d'avoir pété ma class de blasé confirmé des espérances musicales était telle, que je pouvais bien péter mon deuxième phare, tout eut été des plus parfaits dans un monde "toujours le meilleur des".

vendredi 22 juin 2007

De Profundis...




Puis tu rentras. Je descendai les escaliers livide, comme si fermer la porte m'avait condamné à rester prisonnier de cet exterieur que tu ne voulais plus comprendre.

A fureter entre les murs, je me disai que les séparations sont moins catégoriques quand elles se passent au matin, à une intersection, à un instant où l'on sait de fait que nos vies ne vont dans la même direction, et où l'autre n'aura pas eu à nous imposer ses choix.



Ne restent alors que des souvenirs fabulés, fantasmés, de ces moments là où nous aurions pu être deux.


La mémoire se construit, les souvenirs parfois se rêvent.





J'en aurais caressées des chimères...















20/06/07 Toulouse, il est 19h

Philou, énervé par une question con...

On m'a récemment demandé pourquoi je prenais toujours en photo des futilités, des détails, des inepties, des tasses. Pourquoi je m'acharnais à prendre des photos inutiles, insipides, lassantes. Pourquoi perdre mon temps devant des objets, devant des lumières, devant des reflets que tout le monde pourrait prendre.
Alors après avoir répondu que je n'avais pas la prétention de prendre autre chose que des photo que tout le monde pourrait prendre, j'ai commencé à expliquer ma vision des choses. Ma révélation en lisant Virginia Woolf, mon amour pour Proust et Chateaubrilland dour la Madeleine tant que pour la grive de Montboisier. Woolf avait l'habitude de décrire les plus simples détails dans ses livres, de s'attarder sur des verres qui tintent, de commencer Mrs Dalloway par "Mrs Dalloway said she would buy the flowers herself". Proust et Chateaubrilland de prendre le dérisoire parfum de la madeleine dans le thé ou le chant de la grive comme point de départ à des réminiscences violentes, à des regrets avortés, à des pleurs.
J'ai toujours pensé que l'essentiel des choses résidait dans le détail, que le superflux, le négligeable, c'était tout ce qu'il y avait autour. La beauté du monde vient de ce qu'on ne la décelle pas dans son absolu, qu'on l'élude parce qu'on a autre chose à faire, qu'on perd son temps à résoudre des problèmes que l'on s'invente primordiaux. La plus grande part de notre vie est conçue dans l'inutile, et par conséquent, l'essentiel de ce qu'on voit est perçu comme inutile parce que faisant parti d'un quotidien qu'on s'évertue à ignorer.
Mais au delà de ça, j'aime sentir les choses plus présentes à moi, les palper avec l'ensemble de mes sens, les toucher avec mes yeux. Ce que je veux dire par là, c'est que la photographie permet, grâce à l'objectif, de se saisir d'une image particulière, d'en choisir la représentation et donc de fait exige l'implication du photographe dans le réel qu'il regarde. Prendre une photo c'est se contraindre à divulguer une part infime de ses perceptions. Il y a une intensité que je ne pourrai pas dire dans ces moments là, où l'espace d'un instant le temps s'arrête et la réalité s'ingénie à devenir relative à nos visions, comme disloquée du présent, comme disloquée d'une réalité qu'on ne conçoit plus. Parfois, l'instant de la prise se prolonge encore et encore, parfois, on s'offre plus qu'un instant pour saisir un instant.
J'en parlai dernièrement avec Cyril, pretextant encore une fois Gide pour expliquer ma vision: "tout être est capable de nudité, toute émotion de plénitude". L'instant n'obtient sa valeur que quand il est inscrit dans un présent nu, que quand il est détaché de toute perspective. La valeur de l'instant vient de la futilité que l'on laisse transparaître à ne se concevoir soi, et le monde, que dans l'instant lui même. C'est probablement une vision absolument rationnaliste que de concevoir que la plénitude n'est atteinte que parce qu'elle ne doit pas être soumise à des incertitudes dévoilées dans un futur hypothétique, c'est une vision réductrice que je donne ici, mais elle a l'avantage d'offrir un soupçon de liberté dans ce qu'on ne la décide que soi et au moment où on le souhaite, dans ce qu'on ne se fonde que sur une acquisition complète, sur des données absolues. En somme, comprendre l'instant comme parfaite plénitude est un substitut de plénitude...mais c'est pour moi, et pour le moment, un ersatz qui me satisfait pleinement puisque accessible.
Par ailleurs, la photographie, de son propre fait, mais aussi parce qu'elle permet cette capture de l'instant est une alternative au souvenir puisqu'elle demeure fondée sur la réalité sans être pourtant elle même réalité car issue d'une vision subjective et non entière. Les photos que je prends sont un souvenir créé de toute pièce sur le dos du présent, ce sont mes perceptions de l'instant divulguées à tout un chacun. Voilà ce que je fais en ce moment, et ce que j'aime faire en ce moment.
J'ai toujours été trop prétencieux, mais je crois que je n'ai jamais dit que je faisais un vrai travail, que je considérais mes photos comme de la création et encore moins comme de l'art. J'aime juste ça, et puis on oublie les souvenirs, alors je m'en invente, et je les garde pour le moment. Je les garde par peur, par plaisir, par narcissisme. Je ne m'en veux pas. Pas encore.

NB: Merci à Mike pour le rétablissement de la version Originale de la première phrase de Mrs Dalloway!

lundi 18 juin 2007

Les feuilles mortes se ramassent à l'appel

De fait, la journée commençait mal: levé 6h pour aller à ma formation de vente chez France Télécom... je hais la vente, je hais les portables (souvenons nous du passage "opinel" qui aura marqué ma vie d'usager du métropolitain pour les siècles à venir: basso cambo, c'est mal!), et ne parlons même pas des mobicarte ou des forfaits M6mobiles... Bref, je passe allègrement du stade de "en formation professionnelle" à "en formatage industriel".

La vision d'un homme maigre au possible avec des yeux pervers, genre Bean dans les aventures de maître Renard (Roal Dahl), aurait du me mettre sur la piste: la vente de portables, c'est vraiment pour les pires des pires des commerciaux.



Donc, entre deux "Orange est numéro 1 en France parce qu'il a les qualités pour l'être" entrecoupé de "Nous sommes second Mondial en terme d'abonnés ADSL derrière un Chinois", le temps de cogiter à ce que je fais là, pourquoi j'ai choisi ce stage, et me rappeler que décidément, c'est vraiment pour ma note que je fais ça sans quoi je serais parti une marguerite entre les dents en sifflotant Lemon Tree sans me retourner, et même, et ben je lui aurait dit au formateur que la chemise vert pastel avec le pantalon tweed c'était pas beau! Non mais...!, j'ai fini par me convaincre que 8h par jour, il serait nécessaire pendant 8 longues semaines de me mettre en stand by, et d'assumer que mon activité cérébrale se résume à celle d'un dimanche en train de regarder une très très très longue étape du tour de France.



Heureusement, il y a les avants et les après.






























Et puis les crépuscules...


















...Et puis Bach.

dimanche 17 juin 2007

Light, night, one day.















A 10h du matin, la lumière est encore douce, elle entre dans ma chambre en deux livides rayons blessant la noirceur de ma nuit. Je me lève encore assourdi de mes rêves tapageurs, il est encore tôt.




Des couleurs. Tellement de couleurs. Du son, des gens, des rires, du kitsch ...

...et puis tellement de couleurs.

Magaly et Pauline, et Pauline, Ode, et puis Laurent un court instant.



Et puis Cyril, un café, Cyril et puis Laurent, pour plus longtemps.




La Lumière fuit dans un crépuscule juste doré, laissant briller la brique en un murmure de chaleur qui s'évanouit quand on n'y pense plus.


Les pieds jouxtant le fleuve, on se surprend à avoir tous les mêmes regards fondus dans le même éblouissant horizon cotonneux.




Et la nuit s'éveille.


Le Jour laisse sa place aux lampadaires ruminants, moins suaves, qui me laissent jouer sur les arrêtes béantes des ponts.

Le ciel, les étoiles, c'est pour tout le monde, on en fait des rêves, on en fait ce qu'on veut...



Parfois, j'aime trop la nuit.



Les mouvements du fleuves, atypiques battements de coeurs qui s'écartèlent sur les berges...



Dans un parfum d'alcool, nous poursuivons un peu encore le chemin. Des Mouvements, des syllabes sublimées, le bruit assourdissant et insolent comme celui d'un genre qui ne se voudrait pas.


Nouveaux Soleils, nouvelles ivresses, caresses manquées


Des bouches, des mains, le rire

Les hanches
Et puis la nuit se couche.






L'aube a poind encore trop tôt, il est 10h, la lumière est toujours douce mais il est tellement tard.




A midi, je m'assure qu'il vaudrait mieux rester dans la tiedeur rassurante de mon lit.

















Puis le téléphone a sonné...















Merci à Kira W., qui aura su cueillir les étoiles du Laurent's eye.

samedi 16 juin 2007

A Midsummer Night's Dream

That kind of day, I want so much: school results, some shopping, I know that I will be paid for my training period... and this night it was couscous party!

The day was ending as anne asked me to join her party. I waited for her. We leave after I had taken a picture of my mother's flower.
I think I like the light upon the leaves. Maybe I just like the light.
Before dinner, we had an aperitif. Citrus and Gin, as usual. The day was going less and less present, spoons were ready to be used, Lucas's father cooked for everybody. I really like this atmosphere where somebody could think he is welcome, and just because he exists. I love this simplicity.
Later, Olivier and Laurent gave us a concert. "Jazz manouche" in French, I don't know how to tell it in an other language. It is quite to say an atmosphere of so simple joy, and some times of so present brotherhood,
and the music...
...and the accordion.
I came back home, there was the New World Symphony...
...I though the essential was that our life to look like a New World Symphony.
Today, life was not but a walking shadow.


vendredi 15 juin 2007

Tomorrow and tomorrow and tomorrow






Et une nouvelle journée qui se termine. Ne nous leurrons pas, c'est uniquement parce que j'ai un sublime nouvel appareil photo que je publie ce post, aussi, et bien essentiellement du vide.




Une journée simple, à mettre en oeuvre ce nouveau joli blog tout neuf.


Des retrouvailles avec Lucas et Sarah.


Un jardin, du sucré, de la lumière.




Discussion avec mon cendrier.






Film "Lola und Bilidikid". La germanie a fait moins glauque... et des fois plus aussi.
Pour se changer les idées, un verre agréable au Cyrano avec Magaly et Pauline.
Je babille face aux lumières, et je joue avec mon nouveau jouet.

La fumée s'échape et se perd sur l'ampoule, je bois mon verre, et j'écoute Lhassa.



La nuit s'arrime à ses habitudes, et mes habitudes avec le paiement du parking. Il est minuit.



Je rentre sous la pluie en écoutant la symphonie pastorale...


La lune est loin.

jeudi 14 juin 2007

Back in Toulouse

Comme tout un chacun (toulousain le chacun) le fait au retour d'un périple ailleurs, j'ai décidé de prendre mes pieds avec Lucas et Magaly pour aller glacer un peu du côté de chez Octave.






Poire/Canelle/ Réglisse



Juste du plaisir, simple, et au soleil.




Rendez-vous avec Cyril, pour une suite de journée un peu concept, comme d'habitude.




Rencontre place Saint-Georges, avec la grand mère de Pauline. Tranquillement, on rit.










Et puis, le jour est tombé...

Dans la nuit, il fait toujours trop froid.

Ulysse qui comme Heureux...




J'ai toujours beaucoup aimé les voyages en trains.




Je m'y prends toujours au dernier moment pour avoir l'impression d'être très très occupé, faire semblant d'être un homme pressé pendant l'heure qui précède ma montée. Et puis on s'assied, entouré d'inconnus dont on ne sera jamais si proche que quand on marche sur leurs pieds pour aller aux toilettes. Un wagon, c'est des destins inconciliables qui s'entrecroisent.




Pendant le trajet, le temps se distend pour remplir toutes nos pensées: depuis quand suis-je parti? quand est-ce qu'on arrive? combien de temps encore? Des questions pour combler le silence de la passivité quand je suis assis sur mon fauteuil.





Ce que je préfère, c'est le milieu du voyage, quand tout le monde a lu son magasine, son roman lassant, ce moment où il ne reste plus qu'à dormir et où le silence recouvre le voyage. C'est le moment où chacun s'enferme dans ses pensées, autiste, artiste pour une heure encore.


Pour ma part, je me perds dans les reflets des vitres. J'aime voir la vie du wagon par transparence, j'aime voir cette rangée centrale statique alors que le fond de mon image est faite d'arbres ou de ponts mouvants.




Les gens dorment, et par les vitres ils s'irisent le temps d'un clignement de cil.




TGV Paris Montparnasse-Toulouse Matabiau




11h

Twenty-nine


Once upon a time, two little children dancing upon the stage,

Once upon a time, twenty nine hands front of theirs backs.

Philou in wonderland...





Alors voilà, nouvel instant violent de ma vida de moi, je suis allé chercher une escalope pour trois (615g à 14€70... j'arrête la viande!) chez le boucher de la rue d'en face. Le problème ami lecteur, c'est que ma miserable théière ne peut s'empêcher de vagabonder dès qu'elle n'est pas embrumée par un sombre travail (or, je suis en vacances, in holly days, en vacation de travaillage bref en congés, et forcément, mon esprit il se désembrume très très vite), et quand on va chez le boucher, j'ai appris à mes dépends qu'on se confronte à son passé par le biais (logique me diras-tu) d'un lapin à la moutarde très préparé (le pauvre n'avait plus rien sur les reins)!
Genre madeleine proustienne, je me suis dit qu'en trempant ce joli plat en sauce dans mon thé c'eut pu me remémorer plein des choses rigolottes de mon enfance: les clapiers dans le chateau de campagne, les caresses aux lapins du voisin, Bugs Bunny, la visite du zoo de Plaisance (du Touch), les repas dominicaux (ceux là, ce doit être à cause de l'agneau qu'on grillait parfois, j'ai toujours eu un coeur très concerné par la condition animale) et.... ET BEN NON! Ce qui m'a sauté à la mémoire, c'était cette saloperie de lapin blanc offert à ma grand-mère à la suite de la mort de Sam (un chien, con de surcroit(ce qui pour un chien est habituel me direz-vous...) particulièrement pervers qui s'amusait à déposer le fruit de sa virilité dans les culottes sales de ma cousine... comme quoi j'aurai vraiment mieux fait de bouffer des artichaux), et ce dit lapin blanc était accompagné d'un conchon d'Inde du pérou qui en fait d'Inde était plus dinde tant son occupation favorite était de suivre le chat et de démontrer la faible étanchéité de ses reins sur mes cours d'anglais (tout s'explique!!!).




Bref, cette saloperie de lapin a un jour bouffé les fils de mon ordinateur (HERETIQUE!!!) et s'en est par la suite pris à ma chaïne HiFi, donc, mauvais souvenirs! Alors quand on dit la madeleine, l'enfance, la réminiscence, les trucs rigolos qu'on fera plus et tout et tout, mais moi, je leur dis merde à ces proustiens locaces de trop! Ma madeleine à moi, c'est un lapin à la moutarde que je n'ai pas trempé dans du thé, et sincèrement, ce qu'on en retire est autrement positif! Mais oui! Qu'on vieillisse! Qu'on meurre! Qu'on arrête de s'étaler sur des regrets: le lapin que j'avais en face de moi, mais il était mort, tout comme l'autre! Le temps fait bien les choses, et à bas la jeunesse perdue! Y'a des fois, on se dit que l'essentiel, c'est de garder un poil de puerilité et de la concilier avec les rides, c'est beaucoup moins contraignant que de ressasser les dimanches en famille (quand je repense à ce pauvre agneau...).


Donc, ami lecteur, délaissons le "retard, en r'tard, je suis en r'tard", de toutes façons, courir après les souvenirs c'est que de la misère en barquette non recyclable. Aussi, contrairement à Proust, je m'en remets à Lewis Carroll, j'abandonne la madeleine pour le lapin blanc, à défaut de bons souvenirs je me rappelle les mauvais, ca fait positiver. Et puis l'image du déclencheur ex machina, ça me fait plaisir: quoi de plus agréable que de se dire que le devenir de notre personne tient dans la pate d'une bestiole à grandes oreilles, quoi de plus sain que de porter une clé pour aller croiser une chenille, quoi de plus simple qu'une pendule qui nous rappelle que le temps de l'imaginaire nous est compté en nous sonnant à chaque seconde "En r'tard, en r'tard, je suis en r'tard"!
NB: Un ro merci au mien Titi qui m'offre la absolument époustouflante photographie ou on voit du vert dans du sable. Mon frère est décidément doué pour beaucoup trop de choses!

Ma-aaaa-aaaaaa viiiiiiiiiiiiiiiiiie





Le Paresseux

Accablé de tristesse et de mélancolie,
je rêve dans un lit où je suis fagoté,
Comme un lièvre sans os qui dort dans un pâté,
Ou comme un Don quichotte en sa morne folie

Là, sans me soucier des guerres d'italie,
Du Comte Palatin, ni de sa royauté,
Je consacre un bel hymne à cette oisiveté
Où mon âme en langueur est comme ensevelie

Je trouve ce plaisir si doux et si charmant,
Que je crois que les biens me viendront en dormant
Puisque je vois déjà s'en enfler ma bedaine,

Et je hais tant le travail que, les yeux entr'ouverts,
Une main hors des draps, cher Baudouin, à peine
Ai-je pu me résoudre à t'écrire ces vers.

Saint Amant - 1594-1661

La pouasse... vous connaissez?






Certains incarnent vraiment une part de pouasse qu'il ne serait pas inconvenant de définir comme d'utilité générale. Prenons des exemples:









  • Pour ma part, je revendique le titre de catastrophe du bricolage et de la cuisine. Mais mes arguments sont là pour étayer ma thèse, ne vous en inquiétez point: qui peut se vanter d'avoir fait brûler son compteur EDF en allumant la lumière dans son appartement à 14h27, et ce en sachant pertinemment que les plombs avaient sauté et en considérant qu'avec peut être une consommation toute relative on parviendrait à rétablir le courrant. Mais également, je tiens à le dire, qui peut assumer le fait de s'être ébouillanté le pied et la main droits en faisant chauffer l'eau pour son riz? Qui peut s'érriger en roi de la merde manuelle à part mon illustre personne?



  • Mais ne nous inquiètons pas, certains que nous ne nommerons pas ici ont eu le loisir de se planter trois fois à leur permis (oui, certains autres s'arrètent en première à un feu rouge et sont recallés par ce cher monsieur Andrieu, mais c'est un détail de l'histoire...(non, je ne suis aucunement pourvu d'un oeil de verre)). Notons par ailleurs que l'échec de la dernière tentative n'est due qu'à une minime contingence, un élément fortuit qui n'aurait jamais du se dresser sur le chemin de l'élévation sociale de notre chère aimée. Mais voilà qu'au détour d'un tournant (oui, il fallait la trouver, mais je suis très très fort), un pervers terre plein central se glisse sous les roues! Que diable, quel manque de respect! Devoir ainsi s'expliquer face au monde en distribuant des schémas explicatifs pour justifier ses erreurs... c'est une honte absolument indissible que l'on n'aura pu effacer que par l'octroi purement désinteressé (je te rappelle chère interessée que nous fêtons nos anniversaire en juillet!)d'une absolue merveille d'orfévrerie!



  • Mais ne riez pas trop, car certaines autres, au singulier d'ailleurs, car l'héritière de cette anecdote n'est autre que singulière, certaines autres au singulier disai-je ont eu pour chance de heurter alors que ,vaillamment elle(s) avançai(en)t droit vers la demeure de mes honorables parents, un poteau, que dis-je un poteau, non, un réverbère de quatre mètres! Rappelons nous la cène (excusez ma niaiserie, mais je n'ai pu m'empêcher de faire le jeu de mots) mes enfants, rappelons, laissons le temps passer et retrouvons cet adage: "quand lucas aboie, le poteau s'insinue dans la figure des vierges vestales". Avançant deçà delà (nous remarquerons que "deça delà" n'a rien à faire présentement dans le discours, mais ça fait tout de suite beaucoup plus chroniques...), par delà le passage clouté au détour du rond point du stade de Saint Alban (31140, petite commune de 6000âmes sans aucun interet si ce n'est que j'y passai toute ma jeunesse dans le désarrois banlieusard le plus total), nous trottions sur le trottoir quand, alerté par un pressentiment de finesse, Lucas, notre bon lucas criait à notre malheureuse victime, la voyant dangereusement rire à l'approche du lampadaire, " X (bien que ce pseudonyme lui soit des plus agréable aujourd'hui, il ne s'agit que d'un pseudonyme pour éviter de nommer la dite victime qui se reconnaitra comme le veut la tradition), fait gaffe au poteau!". La victime de se retourner "de quoi??". Sur quoi s'enchaine un retourné contrôlé et torsion des hanches, reprise de l'attitude altière que nous lui connaissons, revers du poteau, prise en pleine face, crochet du cylindre et pour finir, victime KO et une bosse jolie sur le visage. Victime, tu auras eu l'immense honneur de nous faire rire promptement ce jour là, même si malgré tout tu nous as un peu inquiété.












  • Mais les exemples de pouasseux font légions et nous laisserons de côté les candides jeunettes qui deux jours avant le bac découvrent l'utilité d'un plan orthonormé dans le travail sur les nombres complexes( je cite "ah, mais les i ils sont sur l'ordonnée????").

    Aussi mes amis, réjouissons nous. Nous sommes des pouasseux, des médiocres, de fins inutiles, des fainéants pleins de joie de vivre, des rêveurs sans interet, mais diable, au moins on dédouane tous les autres de leurs niaiseries. Soyons en fiers! Je lève mon verre à tous les frustrés, tous les candides, tous les rêveurs, tous les insolents de la conduite, à tous nos actes manqués, à tous nos manques d'acte, je dresse ici le vivant pamphlet de toutes les merdes qui ont pu se dresser, je dresse ici une ode à la gloire de la maladresse! Dextérité, tu ne nous fais pas peur, nous te vaincrons! Unissons nous contre tout ce qui nous rappelle les lois de la réalité, autant les poteaux, que les casseroles d'eaux, les terre pleins que les axes orthonormés! Amis Médiocres, SOYONS DES ROIS!

Si Lemergy m'était conté...

Bon, face à une vie rude et sans interet, j'ai décidé ce matin de combattre la lassitude en m'investissant dans un divertissement matinal: Télé matin.
Non pas que william Lemergy ait un charme inqualifiable ou que sophie davan soit la réincarnation de marlen Dietrich, mais il est vrai que vraiment, c'est une motivation pour se lever... forcément, tu as droit aux blagues top fun de Laurent Romejko qui se déguise sur fond de soleil et de nuages gris sur la bretagne, et le tout pour pouvoir imaginer qu'il est heureux de vivre ainsi, parmi les appartitions de température, avec aurillac planté dans les côtes gauches... ces jeunes ne reculeraient devant rien pour percer dans la télé, lui, maintenant, il fait aussi des chiffres et des lettres!




Bien, donc désormais vous devez être ravis de partager cet élément exceptionnel de ma vie (pour une fois que je me lève avant 11h du matin), mais j'ai un ti cadeau, parce que heureusement, il y a quand même des côtés positifs: Laura web, ou comment éviter de se faire chier à trouver les sites de merde: elle est payée pour le faire à notre place! tip top la marmotte! aussi je m'emporte à sa dernière découverte que je m'empresse de vous faire découvrir:
http://www.grapheine.com/bombaytv/
allez, marrottez bien jeunes jeans!

Euh, surement lettre ouverte à des divagations à 4h du matin...



Ami Lecteur de mouâ, je viens d'allègrement fouiller dans mes dossiers de mon ancien blog, et voilà que je retrouve des errances, absolument définies et incompréhensibles de moi quand j'étais en phase "dépressions à la con". On a beau dire, avec un peu de temps, ça porte à rigoler! j'aiiiiiiiiiiiiime!








Je suis et voilà tout, vivant parmi les songes, je creuse ma tombe dans un lit de regret.
Demeurant d'une autre réalité, je suis une ombre qui passe, lasse, devant tant de surface je rase la lumière pour imprimer, sereine, mon nom au jour de la pierre!

Il est un silence où il n'y a jamais eu de bruit. Il est un silence où aucun bruit ne peut être, dans la froide tombe, sous la mer profonde... profonde
Thomas Hood

J'irai porter ton visage dans le creux rougissant d'un autre souvenir.

L'avantage du vide c'est que ça laisse la place pour le reste. (El Yannou)

Au de là de la puerilité de mon geste se cache un enfant.

En les voyant ce jour là, j'aurais écris l'opprobe sur leus visages joviaux, persuadé que l'illustre se défait dans la réalité et devient un atour de misère.


A pourir dans un champs, je préfère pourrir dans un champs de blé plutôt que sur le champs d'honneur.

J'ai passé mes heures sur des larmes de jade, à parcourir des temples de certitudes, à envoyer valser mes étoiles dans des galaxies cendrées d'oubli, de paresse et de citations trop longues. (celle là est particulièrement moi-ienne)

Raconte moi le jour, raconte moi le vent, raconte moi ce que tu veux tant que tu ne te tais pas. Raconte moi le silence au creux de tes souvenirs, ne laisse pas le temps t'emporter trop vite. Raconte moi les siècle que tu n'as pas connu, raconte moi les mystères que tu n'aurais pas vu, parle sans t'arréter et ne pars pas sans m'avoir dit ce que c'est qu'oublier.

Je sais pas ce que je fais avec ce type, j'ai pas les papillons dans le ventre (JB)

On a besoin de rêve pour ne pas mourir de réalité (toute reproduction totale ou partielle interdite sans aval de l'auteur)

L'orage... c'est un peu le seul moyen pour un geek de vivre dangereusement.

Si vous avez envie de publier de la merde en boite, envoyez vos phrases!

Oscar? Maizenfin quelle conivence!


Bon, une fois n'est pas coutume, je ne vais pas non plus cracher sur la langue de Shakespear toute ma vie, c'était après tout un jeune homme des plus courtois ("give me my sin again", les connaisseurs reconnaitront), et en tant que crétin fini, il faut avouer que je lui voue un petit culte qui serait un grand si seulement j'étais apte à comprendre plus de 5 mots d'affilée en Anglais! Bref, en fervent admirateur d'Oscar Wilde (oulà, calmons nous, je me suis tapé Dorian Gray et deux trois merdouilles, ma thèse l'est pour plus tard, quand j'aurai des neuronnes), je me suis mis dans la tête d'acheter le Classique Moderne des editions Poches, le tout pour me faire reluir le cuir chevelu quand mon cousin vient à l'appart'! Et puis, dans un coin, j'ai trouvé ça:


The Dole of the King's Daughter


OscarWilde


Seven stars in the still water,

And seven in the sky;

Seven sins on the King's daughter,

Deep in her soul to lie.



Red roses are at her feet,

(Roses are red in her red-gold hair)

And O where her bosom and girdle meet

Red roses are hidden there.



Fair is the knight who lieth slain

Amid the rush and reed,

See the lean fishes that are fain

Upon dead men to feed.



Sweet is the page that lieth there,

(Cloth of gold is goodly prey,)

See the black ravens in the air,

Black, O black as the night are they.



What do they there so stark and dead?

(There is blood upon her hand)

Why are the lilies flecked with red?

(There is blood on the river sand.)


There are two that ride from the south and east,

And two from the north and west,

For the black raven a goodly feast,

For the King's daughter rest.



There is one man who loves her true,

(Red, O red, is the stain of gore!)

He hath duggen a grave by the darksome yew,

(One grave will do for four.)



No moon in the still heaven,

In the black water none,

The sins on her soul are seven,

The sin upon his is one.



Bon, ça paie pas de mine là comme ça, mais je me suis donné un mal de chien pour le comprendre donc j'ai décidé que c'était très bien! Accessoirement, vous pouvez trouver le poème en chanté, le tout musicationné par un groupe absolument kitsh de Russes en mal d'inspiration, mais c'est assez amusant, ça s'appelle Caprice, c'est bolchévik (meuh non enfin, c'était du pour rigoler ami Historien) et l'album si la fnac ne s'abuse, c'est Sister Simplicity. (Pour les amoureux de textes anglais, il y a aussi du Byron et du Shelley, mais ceux là, je les ai lus en français)